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28/11/2009

revendication ecologique partie 2

II. "L'écologie" comme distraction

Si l'on a bien compris que tout désordre écologique n'apparaît jamais comme une cause contre laquelle il faudrait lutter, mais comme une conséquence dont il faut chercher la cause, alors on peut se demander à quoi sert "l'écologie". La science nommée "écologie" sert à constater les désordres, le mode de vie dit "écologique" sert à les résorber, mais la revendication "écologiste" ? La revendication "écologiste" possède bien une utilité, mais celle-ci ne consiste ni à nous éclairer sur notre situation, ni à nous proposer des pistes d'action : elle permet de récupérer un problème devenu indéniable pour permettre à un certain système de se maintenir en place.

II.1. Se concentrer sur les effets pour ne pas voir les causes

Tant que l'on en reste à faire de "l'écologie", on s'empêche de voir les réelles causes des problèmes soulevés par les écologues. On focalise sur le nombre de lapins disparus de nos fossés, le nombre de fossés disparus, la quantité d'hormones présentes dans les poissons, en oubliant ainsi de se demander ce qui les cause. On élève des lapins en captivité pour les ré-introduire dans la campagne, on reconstruit des fossés, et à défaut de pouvoir prescrire un lavage gastrique à tous les poissons, on installe une usine qui filtre l'eau de la rivière. Comme si une agriculture productiviste avec des fossés n'était plus une agriculture productiviste. Comme si les lapins avaient disparu d'eux-mêmes, comme si le problème venait de ces imbéciles de poissons qui ne savent pas trier ce qu'ils ingèrent. Heureusement, avec l'évolution, ils s'adapteront... Ou pas. Et s'ils ne s'adaptent pas, pensera-t-on un jour à réduire les émissions à la source ? En fin de comptes, "l'écologie" empêche de voir d'ou vient le problème. Bien sûr, ce n'est pas parce que l'on cherche le problème que l'on s'abstient alors d'en corriger les effets, en attendant, mais la correction des conséquences, lors de la suppression de la cause, n'a qu'un statut de provisoire. "L'écologie", c'est du provisoire qui dure. C'est à dire qu'à défaut de supprimer la cause, on se condamne à réparer perpétuellement les conséquences. "L'écologie" est le rocher de Sisyphe de la myopie politique.

Pendant que le peuple a les yeux rivés sur les gouttes d'eau qui tombent une à une et s'affaire à les éponger, au moins personne ne regarde le robinet, et ceux qui trouent le joint pour profiter de la fuite peuvent continuer en paix. Étant parvenus à river tous les yeux sur les conséquences de leurs actes que sont les problèmes écologiques, ils ont détourné notre regard des causes de ces problèmes, et peuvent reverdir leur blason en nous assurant que leurs actions n'engendreront plus de problèmes "écologiques". "L'écologie" rassure tout le monde : elle rassure le bon peuple, convaincu que les efforts parviendront bientôt à résorber les désordres, de même qu'elle rassure les scélérats, convaincus que, tant qu'ils respectent les normes environnementales, ils pourront continuer leur travail de sape en toute impunité. La seule contrainte qu'on leur fixe désormais est que l'industrie dégueulasse qu'ils nous vendent engendre ses désordres ailleurs que sur le domaine écologique, ou alors sur des domaines que l'on n'a pas encore découverts (comme les perturbateurs endocriniens présents dans les "nouvelles générations" de plastiques...).

II.2. De la compréhension sociale au jugement individuel

Après avoir caché les choix politiques et industriels présents derrière les conséquences écologiques, "l'écologie" permet de transférer le fardeau de la responsabilité. Une fois masquées les réelles origines des problèmes écologiques, il devient plus facile de les déplacer... sur le méchant pollueur du peuple.

L'écologie se transforme alors en un nouveau catéchisme moralisateur, dans lequel on vante les "vertus" individuelle de celui qui installe des panneaux solaires contre les "vices" de celui qui va chercher son pain en voiture. Cette posture vise à condamner plutôt qu'à comprendre, et en se centrant sur les actions individuelles, elle détourne de la possibilité de fonder une théorie générale de l'ensemble des comportements. Il s'agit du triomphe de la description individualiste, qui, en considérant toutes les personnes comme des atomes isolés et en les jugeant séparément, empêche de concevoir qu'il existe du social, et que les comportements, qu'ils soient pro- ou anti-écologie, sont soumis à des normes sociales générales. La capacité à vivre de manière écologique n'est pas une vertu en état de lévitation sociale attribuée par un Dieu et permettant un jugement au tribunal du Carbone : elle est le produit de déterminations sociologiques qui ont poussé chacun à se comporter de telle ou telle manière.

Comment ceux qui vivent d'une manière respectueuse de l'environnement en sont-ils venus à adopter leurs attitudes ? Par tout ce que la sociologie décrit : socialisation (en apprenant des choses dans la famille, à l'école, dans d'autres environnements), rencontres, débats, lectures, prises de conscience plus ou moins fortuite. Il faut en effet avoir suivi une sacrée sensibilisation aux questions environnementales afin de se permettre de vivre à rebours d'un système qui pousse perpétuellement à la surproduction, surconsommation, surefficacité, etc. Comment ceux qui vivent de manière (né)faste en sont-ils venus à vivre ainsi ? Leur consommation est un produit de la publicité, leurs habitudes quotidiennes façonnées par les clichés, notamment télévisuels, et chaque aspect de leur vie jusqu'au plus intime a été, au moins partiellement forgé par le marketing, lobbying, benchmarking, storytelling, les valeurs implicites présentées comme allant de soi dans tous les discours médiatisés, les évidences de leur environnement social, etc. Pourquoi ne changent-ils pas de manière de vivre ? D'une, parce qu'ils sont sous l'emprise de ces mécanismes sociaux, de deux, parce qu'ils n'ont pas le privilège d'avoir accès à une information assez forte pour leur permettre de se libérer de cette emprise.

Il n'y a pas de gentils et de méchants, il y a ceux qui ont pu bénéficier d'un rapport privilégié à l'information, et ceux qui doivent se contenter d'une propagande consumériste de masse. Le vertueux "écologique", du haut du capital-vert(u) qu'il a empoché dans les endroits qu'il a eu la chance de fréquenter, oublie sa position de favorisé, et retourne la situation, en décrivant le pollueur populaire quotidien comme un méchant gaspilleur. La prise de conscience, qu'elle porte sur le mode de vie écologique ou sur d'autres aspects, n'est pas le signe d'une bonté intrinsèque de son porteur, mais celui du milieu social qu'il a fréquenté.

Deuxième contre-sens à éviter

Il ne s'agit pas de dire que l'information écologiste ne serait pas encore passée dans tous les milieux : Nicolas Hulot est peut-être aujourd'hui aussi populaire dans tous les milieux que Zinédine Zidane. Mais il serait simplement naïf de croire qu'une bribe de discours moralisateur assénée pendant quelques minutes sur un écran de télévision par un animateur dans son hélicoptère serait suffisamment forte pour retourner tous les mécanismes sociaux qui forgent un mode de vie. Ce qu'il faut pour faire quelqu'un modifier pleinement son comportement, c'est un traumatisme, une remise en question de fond, et non une séance de catéchisme cathodique où Gaïa a remplacé la vierge Marie. Seulement instillé par bribes culpabilisatrices au sein d'un environnement qui continue à façonner en vue de la frénésie consumériste, le discours "écologiste" ne peut avoir d'effet que contre-productif, faisant intérioriser à son spectateur son statut de méchant-par-nature-parce-qu'il-pollue, sans lui fournir les outils nécessaires pour le faire changer. Bien sûr que le discours "écologiste" est aussi présent dans les milieux populaire, mais la manière dont il est présenté et le contexte qu'il ne supprime pas ne peuvent contribuer qu'à favoriser l'infériorisation du pollueur au détriment de son émancipation pratique.

II.3. Le nouveau discours de la méritocratie verte

L'écologiste qui n'a pas compris que son comportement résulte d'une chance dont il a bénéficié peut alors forger le discours culpabilisateur envers le démuni de l'information écologique. L'exhortation légitime à modifier son comportement de manière à réduire son impact environnemental se transforme en Croisade verte visant à la conversion des impie-toyables pollueurs. Un nouveau système de valeurs se forge, où la sobriété environnementale remplace l'ancien ostentatoire bling-bling, tout en en conservant la fonction : il faut pouvoir se les payer, les panneaux solaires... Le nouveau discours focalise sur les comportement individuels, qu'il pare des attributs de vertueux ou vicieux selon son bilan carbone, ce qui permet de détourner les esprits des décisions collectives, de la répartition de la possibilité de les prendre, des valeurs que l'on communique de manière sous-jacente, de la vision de l'humain prônée par ces discours, ... Il est toujours plus simple de désigner des boucs émissaires, surtout lorsque ceux-ci sont défavorisés (pas forcément financièrement ni en termes de position sociale ou de culture générale (notre bling-bling-Président en est bien la preuve, du moins pour les deux premiers paramètres...), mais défavorisés quant à l'information qui permet un mode de vie "écologique") que de s'interroger sur les mécanismes qui façonnent en profondeur les comportements et les valeurs que l'on trouve derrière ces mécanismes.

Ce nouveau discours de la vertu écologique reprend en fait l'idéologie méritocratique du self-made man, en l'appliquant à la nouvelle valeur de notre société qu'est l'impact environnemental. Que l'impact environnemental devienne une nouvelle valeur aussi importante que celles de justice et d'égalité, il n'y a là aucun problème, bien au contraire. Le problème survient lorsque cette valeur sert à discriminer les "méritants" des "individualistes", comme l'est par exemple la valeur Travail. Prétendre que l'attitude écolo-soutenable et l'ascension sociale relèvent tous deux du seul mérite personnel, c'est faire dans les deux cas un constat du même acabit : il s'agit de soutenir une idéologie de droite prétendant occulter toute part de détermination sociale dans la situation des personnes pour la remplacer par un discours qui naturalise cette position en la faisant passer pour une qualité intrinsèquement détenue par son porteur.

Si tu n'es pas PDG, cela n'a rien à voir avec le fait que tu sois fils d'ouvrier, c'est simplement que tu es nul, et que tes parents t'ont transmis le gène de la nullité. Si Jean Sarkozy est présenté comme apte à diriger l'E.P.A.D., c'est qu'il a hérité des "qualités génétiques" (comme le dit si bien Brice Hortefeux) de son père que sont "la passion et la raison". De la même manière, si tu n'agis pas comme un écolo, cela n'a rien à voir avec le fait que tu aies eu accès ou non à un certain niveau de sensibilisation présent dans les milieux bobo-chébrans ou les milieux vraiment politisés, c'est simplement que tes ouvriers de parents t'ont transmis le gène de l'individualisme.

Le nouveau discours méritocratique de l'écologie fait passer la manière d'agir de chacun comme dépendant uniquement de sa volonté, son altruisme, sa capacité à renoncer par sacrifice pour les autres à une opulence présentée comme un bonheur. En d'autres mots, c'est le discours du mérite et de la vertu que l'on entend si souvent pour distinguer entre "celui qui a réussi car il travaille beaucoup" et "celui qui profite des sacrifices que les autres font pour lui", entre le travailleur qui se lève tôt le matin et l'immigré polygame qui l'incommode par le bruit et l'odeur et profite des allocations familiales; c'est ce discours que l'on nous ressert aujourd'hui pour expliquer que, si les pauvres s'enlisent dans une fascination pour l'opulence matérielle et l'ostentatoire, c'est par un vice congénital qui se situe sur le même chromosome que le gène de la pauvreté, et non en raison d'un conditionnement social.

On pourrait se poser la question suivante : "pourquoi les classes populaires, malgré ce qu'elles savent de l'impact de McDonald's sur leur santé, sur l'environnement, et des pratiques sociales du groupe, continuent-elles à fréquenter cet établissement ?". Cette question très intéressante mériterait une étude sociologique qui mettrait à jour les mécanismes par lesquels cette couche de la population est attachée à ce mode de consommation : habitudes, implantation géographique, horaires étendues, tarifs, rapidité, dispositifs pour les enfants, mais surtout, une communication énorme. Tous ces mécanismes destinent entièrement le lieu à une certaine couche sociale de la population. Comment s'y prennent-ils pour, sinon les faire oublier, du moins faire passer les critiques à l'arrière plan ? Au lieu de se poser ces questions, on se contente de juger le choix individuel de celui qui mange chez McDonald's. Comme si l'on allait de son plein gré manger de la merde, consommer des produits contestables. La critique contre tous ce genres d'établissements est légitime, mais elle restera myope tant qu'elle se contentera de stigmatiser ceux qui les fréquentent, sans tenter de voir par quels mécanismes habiles la fréquentation est produite, et maintenue en place face aux scandales que les établissements produisent. Comment McDo a-t-il riposté au scandale de la vache folle ? Pourquoi désormais propose-t-il des salades et des fruits sous sachets plastique ? Quelle image d'elle-même la chaîne cherche-t-elle à donner par ses campagnes publicitaires à ceux qui la fréquentent ? Autant de questions qui échappent au moralisateur, qui se contente de juger les incultes, du haut de sa "sensibilisation écologiste".

Troisième contre-sens à éviter

Il ne s'agit pas ici de dire que les industriels, politiciens, syndicats agricoles, etc., ne sont jamais remis en cause par les écologistes, loin de là. Simplement, lorsqu'ils dénoncent par exemple les choix d'expansion de telle grande entreprise, ou le lobby d'un trust sur nos décideurs, on peut dire que les écologistes ne font alors plus de "l'écologie", mais de la politique, encore que leurs dénonciations ne visent trop souvent un problème qu'au nom de ses conséquences écologiques, soit ni au nom d'autres conséquences (sociales, par exemple !), ni en son nom propre comme concrétisation d'un système de valeur.

Il existe deux manières d'aller manifester contre un projet de construction d'incinérateur. La première consiste dans la démarche que l'on nomme "NIMBY" (Not In My BackYard, pas dans mon jardin), où l'on manifeste contre le projet car il aurait des conséquences écologiquement néfastes à quelques kilomètres à la ronde. La seconde consiste à replacer le projet dans son contexte politique général, et à s'y opposer en raison de l'idéologie qu'il représente. Cette seconde démarche, pour être cohérente, implique alors de se mobiliser aussi contre toute autre concrétisation de cette idéologie, qu'il s'agisse de la construction d'autres incinérateurs, ailleurs, mais aussi de l'alimentation de tous les maillons de la chaîne qui permettent, en dernier ressort, d'évoquer le besoin d'un incinérateur. Certaines luttes écologistes peuvent reprendre fortuitement les arguments politiques afin de renforcer leur argumentation sans pour autant pousser la démarche jusqu'à étendre la contestation vers toutes les cibles que viserait un questionnement politique. La pratique consistant à amonceler des arguments d'origines différentes sans se soucier de la cohérence de la démarche est relativement courante, et pousse, dans le sens inverse, certains militants luttant contre les OGM pour des raisons politiques pertinentes à reprendre hypocritement des arguments démagogiques à propos de la santé en raison de leur plus grande capacité à mobiliser l'adhésion populaire.

Quatrième contre-sens à éviter

Il ne s'agit pas non plus, lorsque l'on dénonce la culpabilisation du citoyen moyen, de considérer qu'un questionnement politique de réelle envergure exempterait totalement celui-ci de toute responsabilité face à ses actes - ceux qui connaissent mon mode de vie au quotidien sont bien placés pour le savoir. Mais on peut pousser un citoyen à agir en faveur de l'environnement, même de manière très poussée, sans tomber dans le préchi-précha moralisateur des médias. Pour prendre un exemple concret, on passe du "bouh ce n'est pas bien, tu n'as pas encore acheté le nouveau frigo qui consomme moins d'électricité" (tiens, au fait, en passant : on en a consommé combien pour le fabriquer, l'apporter jusque chez toi ? On en consommera combien pour détruire l'ancien qui fonctionnait bien ? Et, problème de l'électricité mis à part, on fait quoi des déchets et émanations produits par la fabrication du neuf et la mort de l'ancien ?) à une revendication comme "tu sais que, quand tu achètes tel produit, tu cautionnes symboliquement et financièrement une entreprise qui a viré des peuples indigènes et détruit une forêt primaire pour implanter une mine à ciel ouvert ?". Critiquer la culpabilisation n'est pas prôner une inaction et s'opposer à toute sorte de démarche visant à aider les prises de conscience. C'est simplement s'adresser d'une manière différente aux gens. Alors que le discours "écologique" culpabilisateur des pollueurs pseudo-reconvertis de fraîche date s'adresse à des consommateurs pour les pousser vers l'achat de produits de luxe dont l'emballage a verdi et le prix a doublé pour un impact écologique dont les effets se sont simplement déplacés vers les domaines non comptabilisés du désastre écologique, le discours politique, quant à lui, s'adresse à des citoyens, qui ont la possibilité de cautionner ou non, par leurs choix une industrie dont ils sont conscient des choix idéologiques comme de leurs conséquences dans la pratique. Dénonçons la culpabilisation, celle qui vante le "bio-consomm'acteur", ce monument du double-langage orwellien qui tente de nous faire oublier par un oxymore des plus laids que la consommation c'est précisément la passivité, et qu'un "acteur" ne pourra réduire son empreinte écologique qu'en sortant de la consommation, et non pas en glissant vers une consommation néo-bobo qui vend de la bonne conscience en doublant le prix du produit.

Dire que le comportement écologique est déterminé par un contexte social ne consiste pas à déplacer la responsabilité de l'acteur vers un système dont on ne voit rien d'autre que le large dos. L'individu, même conditionné par un système, est toujours considéré comme responsable de ses actes, et par conséquent de son impact écologique. Mais il ne l'est plus en raison d'une volonté supposée soustraite à toute influence de son environnement social, il l'est pour sa contribution au maintien d'un environnement mental qui possède cette influence. En effet, l'individu est certes influencé par un système, mais ce système n'est pas une chape éthérée, structure sociale en lévitation sur la tête des acteurs : le "système" est construit par les individus eux-mêmes, et en ce sens, même si l'on reconnaît que l'individu est poussé à la pollution par son environnement social, il est néanmoins possible de reprocher à quelqu'un de reproduire l'environnement mental qui engendre un tel conditionnement poussant à la pollution.

Et c'est justement sur ce point que la culpabilisation écologique est contre-productive du point de vue environnemental : alors qu'elle semble pousser les individus à l'action en faveur de l'environnement, en vérité elle ne fournit aucun moyen de lever les puissants leviers qui contribuent à leur inaction, en même temps qu'elle reproduit un discours, qui en installe de nouveaux. Le discours selon lequel les pratiques polluantes relèvent d'une vertu intrinsèque pousse en fait l'individu à culpabiliser sur sa propre essence à laquelle la Providence n'a pas daigné accorder de mérite écologique, et le conduit alors à l'inaction résignée.

Lorsque l'on condamne les pratiques personnelles en en renvoyant à un mérite providentiel, on propage l'idée d'une essence individuelle immuable; lorsque l'on analyse les rouages par lesquels un système influence ses membres, on laisse ouverte la possibilité de faire changer ce système. D'un coté, la résignation de ceux qui ont accepté la naturalisation de leur comportement, de l'autre, une analyse militante qui pointe du doigt les mécanismes de la société à modifier pour modifier les comportements en conséquence. Lequel des deux discours pousse le plus à l'inaction ?