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09/12/2007

Pourquoi je quitte MySpace et pourquoi vous devriez en faire autant

Ca y est, enfin, après de longues tergiversations, ma décision est prise : je quitte MySpace. Je vais supprimer une page que j'avais mis un certain temps à fignoler, qui marchait assez bien, qui m'a permis de découvrir un certain nombre d'artistes intéressants, et d'être découvert moi-même. C'est sûrement un peu dommage, mais à mon avis je perds beaucoup plus en restant sur MySpace qu'en le quittant. Je vais essayer de m'expliquer un peu pour justifier ça. Puisse ce témoignage faire exemple...

Comme tout le monde, j'ai créé cette page sans trop me poser de questions : ça paraissait un outil intéressant, utile pour diffuser sa musique, nécessaire pour être "dans le coup" sur internet, pratique pour prendre contact avec d'autres musiciens, ... Quand on crée une page comme celle-là, la plupart du temps on ne prend pas la peine de refléchir et de s'informer : à qui ça appartient ? à quelle logique ça répond ? à qui ça bénéficie ? quelles conséquences aura le fait de mettre ses oeuvres sur MySpace, au niveau de la propriété intellectuelle ? Ce sont des questions qu'on ne se pose pas. On devrait peut-être. Et si l'on ne se les est pas posées avant, il est toujours temps.

Ce texte est long. Je préfère que vous n'en lisiez qu'un petit bout, plutôt que pas du tout, aussi je vous dis ici quelles parties concernent quels sujets.

  • La partie 1 évoque certains reproches qui sont adressés à MySpace mais qui ne seront pas abordés ici. Elle n'est utile que pour celui qui veut avoir une vue d'ensemble du sujet.


  1. Situons le problème :

Dans un premier temps, il est utile de préciser sur quoi portera ma critique de MySpace. Je parlerai du profil "MySpace Music" principalement, et non du profil MySpace standard, que je n'ai pas utilisé.

On trouve sur internet tout un tas de bonnes raisons pour critiquer le profil MySpace standard :

  • MySpace contribue à donner l'impression aux gens d'avoir des échanges entre eux alors qu'ils ne se rendent pas compte que leurs "échanges" par internet sont totalement factices et que le temps que ça leur prend est rogné d'autant sur leur temps de vie avec d'autres personnes,

  • MySpace permet aux pervers de chopper les coordonées de jeunes pré-ados (aussi ici, ici) naïfs et naïves (surtout),

  • MySpace permet de ne pas s'assumer et de fuir dans une identité factice en trichant comme on veut sur les informations qu'on donne,

  • MySpace prend du temps et rend dépendant, à tel point que certains en perdent leur boulot, (aussi ici)

  • ...

Très bien, c'est bien de savoir tout ça sur MySpace, malheureusement ce n'est pas le pire, et surtout, la cause de ces problèmes réside surtout dans l'usage que certains font de MySpace, et non pas de ses caractéristiques en-soi. Or là où MySpace est le pire, c'est dans son essence-même (eh ouais ! carrément !).

MySpace est mauvais pour deux raisons : pour sa logique intrisèque, et pour les personnes qu'il enrichit. Avant d'aborder ces problèmes, défendons d'abord MySpace sur un point : certaines critiques sur internet disent que le fait de mettre sa musique sur MySpace en dépossède le créateur au niveau de la propriété intellectuelle : c'est faux. MySpace ne devient pas propriétaire de la musique qu'on y met. Par contre, il s'arroge les droits d'en faire un certain usage. Pour le savoir précisément, lisez attentivement les conditions d'utilisation (ou ici) que vous auriez du lire dès le début.

Nous ne parlerons pas non plus des polémiques sur l'origine de MySpace (aussi ici, chapitre "Controversy over corporate history") (qui l'a inventé ? Tom Anderson, son inventeur présumé, existe-t-il vraiment ?), mais il est bon de savoir qu'elles existent.

  1. La logique MySpace :

La "logique MySpace" se décline sur différents aspects :

  1. Logique commerciale :

 MySpace est un produit de commerce, tout le monde le sait et personne ne dira le contraire. On a tous suffisament subi les agressions publicitaires de certains pour s'en rendre compte. Mais l'agression publicitaire n'est pas propre à MySpace. Ce qui est vraiment gênant, c'est que MySpace sert précisément à se faire soi-même de la pub. Le musicien utilise cet outil pour faire sa promo, il se transforme, qu'il s'en rende compte ou non, en publicitaire.

Ainsi, il est courant de voir des gens dont par ailleurs on peut apprécier les qualités artistiques se transformer en auto-publicitaires intrusifs et sans vergogne, n'hésitant pas à se faire des milliers d'"amis" pour fourguer le plus possible de leurs affreux placards publicitaires. Ou encore, des gens qui s'échangent publiquement des messages trop privés pour ne pas être suspects. Et ainsi on profite de nos connivences dans le monde réel pour générer du trafic sur notre propre page... Chouette je vais lui écrire un mot, lui mettre une image, ça me fera venir du monde. Ah mince, oui c'est vrai il faut que je trouve quand-même quelque chose à lui dire pour être affiché sur sa page. "Thanks for the add. J'aime beaucoup ta musique. Elle était bien la soirée l'autre jour mais t'as oublié tes chaussettes." Et hop ! Le tour est joué !

Le plus gênant, ce n'est pas que certains fonctionnent comme ça sur MySpace. Pour eux, MySpace n'est qu'un outil, et sans cela ils fonctionneraient autrement avec un autre outil. Non, ce qui est vraiment dérangeant, c'est que MySpace nous fait nous-même rentrer dans cette logique-là. On est là pour ça, on est sur MySpace pour se faire de la pub, et tous les moyens sont bons. A ce jeu-là, certains sont plus subtils que d'autres, mais dans l'idée, les musiciens ne créent pas une page MySpace pour la déco, mais pour se faire connaître. Il serait totalement ridicule d'entendre un musicien dire "j'ai une page MySpace, mais ce n'est pas pour ma promo" : ah bon, et elle te sert à quoi alors ta page MySpace ? En ce qui me concerne, ce qui a vraiment commencé à me déranger, c'est quand je me suis rendu compte que moi-même, sur MySpace, j'entrais aussi dans cette logique commerciale d'autopromotion opportuniste que je fuis tant dans le "monde réel". Moi aussi j'étais content de voir que mon compteur de visites augmentait quand j'écrivais un commentaire sur une page très visitée.

On pourrait aussi parler de toutes ces photos de femmes à demi nues qui traînent sur MySpace, dans le seul but de faire cliquer le mâle libidineux et de le faire tomber dans le piège commercial. Si ces photos me gênent, ce n'est pas parce que je serais un puritain, et que la vue de femmes à demi nues me ferait rougir derrière mon écran, mais parce qu'elles instrumentalisent les femmes, en font de veritables objets sexuels, dans le seul but de se faire du fric en touchant les instincts les plus primaires des hommes. Et ça marche. 

  1. Logique conformiste :

Comme outil de communication, MySpace est d'un désespérant conformisme. Tout le monde a la même page, construite de la même manière, avec seulement les couleurs et les photos qui changent. Où est passée la créativité ? Comment peut-on créer vraiment quelquechose de personnel (exprimer "sa différence", comme dit l'autre...) sur un outil aussi formaté ? L'intérêt de faire soi-même son site web est qu'il est évélateur de notre personnalité, de ce que l'on souhaite montrer aux autres. Sur MySpace, tout a la même page et utilise les mêmes énérateurs de codes (avec la même petite ligne de pub dans son profil) pour se donner l'impression d'avoir quelquechose de personnel. C'est d'un pathétique affligeant.

  1. Logique de selection et d'exclusion :

MySpace répond à une logique d'exclusion : la première, la plus caractéristique concerne celui qui n'a pas de profil MySpace, le visiteur lambda. A l'heure du web 2.0 et des wikis, dont le principe est que chaque visiteur peut y apporter sa touche, MySpace paraît fonctionner de manière archaïque : il fait encore partie de ces sites qui demandent aux gens de s'inscrire pour participer. En vérité, c'est surtout que tout est fait pour frustrer l'utilisateur moyen qui ne peut rien faire tant qu'il n'a pas créé son profil. Le but est ainsi de le pousser à en créer un.

La seconde exclusion que MySpace opère, est celle des aveugles et des mal-voyants. Les concepteurs d'une page web, s'ils sont consciencieux de l'accessibilité de leur page à tous, vont s'arranger pour coder leur page dans une syntaxe de balises claire et cohérente, qui fera qu'un navigateur à synthèse vocale pourra comprendre la structure du site, le rôle de chaque élément, et lire correctement et dans le bon ordre les informations à son utilisateur. Or, MySpace est codé n'importe comment. Il est totalement opaque pour un navigateur à synthèse vocale. D'autres caractéristiques techniques de MySpace (structure en tableaux, utilisation de Flash, ...) font que, dans sa structure technique même, il met de coté tout un tas d'utilisateurs.

Troisièmement, MySpace est testé et semble bien fonctionner sous Internet Explorer, l'explorateur de la marque commerciale Microsoft. Mais tous les navigateurs n'interpètent pas le code d'une page de la même manière : le rendu graphique peut être différent selon les navigateurs. Au passage, notons que c'est Internet Explorer qui ne se conforme pas aux normes édictées en la matière par les spécialistes du W3C. C'est le travail du concepteur de vérifier que son site s'affiche bien sous la plupart des navigateurs utilisés. Or les problèmes d'affichage, sous Firefox notamment (qui représente quand-même 20% de la navigation !) sont fréquents. J'en tiens pour preuve mon expérience personnelle sur plusieurs pages dont seulement l'image d'arrière-plan s'affichait, ...

MySpace exclut aussi les ruraux qui n'ont pas l'ADSL, puisque la plupart du temps, les airs ne sont pas téléchargeables sur une page MySpace, on ne peut les écouter qu'en direct. Or, la vitesse de connexion d'une ligne téléphonique est insuffisante pour écouter ces airs en direct. A chaque fois que l'on ne propose pas ses airs en téléchargement, on exclut d'une part ceux qui n'ont pas la vitesse de connexion nécessaire pour les écouter en direct, d'autre part ceux qui consultent le site à partir d'un ordinateur public et qui ne peuvent pas écouter la musique directement en naviguant, mais qui attendent de pouvoir la mettre sur leur clé USB, ou de la télécharger pour pouvoir l'écouter plus tard chez soi.

Quatrièmement, MySpace tente actuellement d'exclure de ses profils tout ce qui y est ajouté et qui n'a pas été produit par une filiale de MySpace. Ainsi, en décembre 2005, le site avait tenté de bannir les vidéos YouTube, pour ne plus autoriser que les vidéos provenant de MySpace Video. Face aux protestations des utilisateurs, le site avait réintégré YouTube, par contre les applets et autres widgets moins populaires sont exclus sans vergogne :  Stickam, VideoCodeZone, Project Playlist, Revver, Vidilife, Imeem, Indie911, ...

Enfin, MySpace opère une politique de censure (voir aussi ici), d'autant plus opaque que toutes les dénonciations de cette censure sont aussitôt elles-mêmes censurées. Sous prétexte d'opérer une censure légitime (notamment les contenus violents, sexuellement explicites, incitant à la haine raciale, déposés sous un copyright), MySpace exclut aussi certains messages subversifs, à connotation politique trop prononcée, ou pas du bon coté, ... Ceci est tout naturel : c'est la logique de NewsCorp., l'entreprise de Murdoch à laquelle appartient MySpace, spécialiste de la manipulation d'opinion, de l'ommission de données trop gênantes, de la désinformation (cf. point 3)...

Un bon exemple d'un moyen par lequel s'opère cette censure : le site www.msplinks.com. Chaque lien que l'on trouve à l'intérieur d'un commentaire MySpace est transformé par MySpace en lien vers msplinks, et msplinks choisit ou non de renvoyer l'utilisateur vers le vrai site qui correspond au lien. Ainsi on crée un intermédiaire qui permet de filtrer les liens, notamment ceux de spam. Certes, mais on peut aussi s'en servir pour filtrer tous les liens contestataires envers MySpace, ou pour créer une immense base de données sur laquelle on recense qui clique sur quels liens, etc.

Après l'exclusion, la selection : avec MySpace, on selectionne ceux qui ont l'honneur d'avoir le droit de nous parler, et on relit les commentaires avant qu'ils soient publiés. C'est assurément faire preuve d'une grande honnêteté que de n'accepter seulement ceux qui sont acquis à notre cause et qui ne feront que chanter nos louanges...

  1. Logique hypocrite :

Une fois qu'on a exclu tous ces gens qui décidément ne valent pas le coup puisqu'ils ne serviront pas à faire notre promotion, on reste "entre amis". Mais cela n'empêche pas certains de se retrouver avec des milliers d' "amis" ! Ce terme "ami", dont on pourrait penser qu'il ne s'agit que d'une mauvaise traduction du mot "friend", est en fait tout à fait significatif de l'esprit qui règne sur MySpace : ici, tout le monde il est beau, il est gentil, il est mon ami. Personnellement, je trouve cela vraiment gênant d'utiliser le terme "ami" pour désigner ce que cela désigne sur MySpace, car je ne réserve ce terme qu'à certaines relations intimes. Mais il n'y a rien de surprenant à ce qu'un sentiment comme l'amitié soit récuperé dans le simple but de se vendre. Au passage, cela débouche sur des messages d'erreur très drôles, comme "il faut être l'ami de quelqu'un pour envoyer un commentaire"...

Et parmi tous nos amis, il y en a un qui est vraiment gentil : c'est Tom. C'est notre premier ami. Il est tellement gentil qu'il a 220 millions d'amis. Et il est tellement fort qu'il parvient à leur envoyer des messages personnels à chacun d'eux. Il faut lui demander comment il fait ! Tom, c'est l'exemple type de la récupération du sentiment de confiance et de relation simple avec quelqu'un de simple, dans l'unique but de nous refourguer de la pub.

Une autre récupération, celle qui à mes yeux est beaucoup plus grave, c'est celle des utilisateurs eux-mêmes, qui s'envoient perpétuellement des mots doux dans le simple but d'être visibles de la page d'un autre (même si ce n'est jamais, bien sûr, le motif officiel). Deux cas de figures se présentent ici :

  • Dans le premier cas, l'utilisateur n'apprécie pas forcément la musique de celui dont il visite la page, mais il souhaite être présent dessus. Il enverra donc un commentaire bateau, une image, ou un faux compliment. Le faux compliment est un stratagème plus efficace, puisque d'une part, on est certain qu'il sera accepté par le propriétaire de la page puisqu'il flattera son égo, et d'autre part, on sait que les visiteurs de la page, qui sont censés en apprécier le contenu, y seront plus sensibles. La seule chose qui peut pousser quelqu'un à ne pas faire de faux compliment, c'est éventuellement sa mauvaise conscience quand il en fait un.

  • Dans le second, l'utilisateur apprécie réelement la page qu'il visite. Il se peut même qu'il connaisse réelement la personne dont il est sur la page. Alors, il laissera un petit mot, toujours gentil, teinté d'un évenement personnel qui montre aux visiteurs que les deux personnes se connaissent, si possible, ce qui permer d'augmenter la chance que l'on clique sur son profil à partir de son commentaire.

Dans les deux cas, il est dans l'intérêt d'un usager d'en complimenter un autre. Nous sommes face à un choix : soit l'on est hypocrite, soit l'on récupère une affinité réelle pour s'en servir pour son autopromotion.

  1. Logique infantile :

Les compliments sur MySpace ont aussi une particularité : il est tellement plus simple de dire par l'ordinateur ce que l'on n'aurait jamais osé dire en vrai à quelqu'un. Ainsi, MySpace rend possible le compliment à outrance et à tout le monde. Qui dit compliment dit personne complimentée, et satisfaction de son égo. Et, puisque nous avons vu que sur MySpace on est toujours assuré de n'avoir que les mots gentils (car on selectionne avec qui on dialogue, et car ceux qui nous écrivent ont intérêt à nous complimenter), on se rend compte que finalement MySpace est une machine à toujours recevoir des compliments ! C'est bien pratique !

Ainsi, on en arrive à des situations où les musiciens n'arrêtent pas de faire gonfler mutuellement leur orgueil en se flattant. Ces situations ne correspondent pas du tout à des relations naturelles entre musiciens, ni entre le musicien et son public. Cette formidable machine à se faire mousser marche d'autant mieux qu'elle flatte nos sentiments les plus bas : la satisfaction de notre égo.

Alors, un peu d'humilité, que diable ! A-t-on vraiment besoin de lire trois mille fois "j'aime beaucoup ta musique" ? Est-ce vraiment nécessaire pour bien jouer ? 

  1. La goutte d'eau : avec MySpace je soutiens mes ennemis :

On pense que MySpace sert à s'entraider, entre "amis", en formant un réseau qui génerera du trafic, en réalité c'est le contraire  : MySpace sert à aider les ennemis. Qui sont ces ennemis ? Rupert Murdoch (sur acrimed (aussi ici et ici), le nouvel obs, et ici, p 1 2 3 4 5) (ou encore sur wikipedia), propriétaire du site MySpace, milliardaire américain, spécialiste de la manipulation de l'opinion et de la désinformation au profit des grandes entreprises et de la guerre, propriétaire d'un grand nombre de médias dominants aux Etats-Unis (notamment la chaîne de télévision Fox...) d'une part, et tous les publicitaires qui gagnent du fric grace à nous d'autre part. Pour avoir un apreçu de ce que peut donner la possession d'un grand nombre de médias par un seul milliardaire, il suffit de lire cette petite phrase de "A Brief History of Neoliberalism" de David Harvey (Oxford University Press, 2005). À la page 35, il note, au sujet de la force de frappe de l'empire de presse de Ruport Murdoch, ceci: "L'ensemble des 247 rédacteurs en chef de ses journaux supposés indépendants ont, dans les quatre coins du monde, soutenu l'invasion par les Etats-Unis de l'Irak." (source ici).

Ces ennemis nous donnent (à nous dont certains sont artistes soi-disant "alternatifs", ou précaires victimes de la domination de ces monstres) les outils pour les faire prospérer. En effet, MySpace ne vit que par et pour la publicité. Ce n'est pas par philanthropie que Murdoch et ses potes nous proposent de créer des pages avec notre musique, c'est pour pouvoir y placer leur pub. En effet, aujourd'hui, la publicité sur internet est un business qui marche, tout le monde le sait. A tel point que le seul problème des publicitaires, c'est : "j'ai déjà la pub, maintenant il faut juste que je trouve du contenu pour mon site, et des gens pour le visiter". Grâce à MySpace, c'est nous qui faisons ce boulot : Murdoch fournit la pub, et nous on remplit les pages (accessoirement, avec nos musiques contestataires, avec des slogans anti-sarkozy, ou des "resistance" écrits en petit sur nos photos), et on lui fournit du trafic. Ainsi, c'est nous qui fournissons le talent, les oeuvres, c'est nous qui ramenons du monde, et c'est lui qui empoche les bénéfices.

Une autre manière pour les industriels du marketing de s'enrichir sur le dos de nos pages MySpace consiste à récupérer les informations personnelles que nous y mettons. Les rengseignements sur les goûts des gens, leurs habitudes de consommation, leurs relations, et les liens qu'on peut établir entre tout ça constituent autant de mines d'or pour les entreprises chargées de mener des études de ciblage en publicitié ou en marketing. Cela permet de définir des profils-types de clients, ou de proposer des publicités aux internautes qui corresponderont aux centres d'intérêts qu'on aura remarqué chez eux. Ces information peuvent intéresser les industriels, mais aussi les services de l'État, ou toute personne soucieuse de nous connaître un peu mieux, mais pas forcément pour notre bien. Elles peuvent aboutir à des véritables fiches individuelles recensant tout un tas d'informations personnelles. Ceci pose des problèmes tant du point de vue du respect de la vie privée que de celui de la sécurité. Dans la même veine que MySpace, il existe un site de réseaux sociaux nommé FaceBook, et ce site a été l'objet de vives critiques pour l'utilisation qu'il fait des données personnelles de ses membres : FaceBook révèle à tout le monde ce que vous achetez, FaceBook permet d'obtenir très facilement les données nécessaires pour vous pirater, FaceBook permet de pister ceux qui observent votre profil, FaceBook fournit des données sur vous aux publicitaires (voir aussi sur Libé), enfin, un joli film d'horreur pour résumer le tout pour ceux qui comprennent l'anglais. Vous me direz, c'est Facebook, et pas MySpace. Oui, mais en l'occurence, ce sont deux sites concurrents qui fonctionnent de la même manière, appartiennent au même genre de personne, et ont exactement la même vocation. Et encore une fois, toutes ces informations que ces sites de réseaux sociaux récupèrent et qui font leur bonheur, c'est nous qui leur fournissons de notre plein gré (voir Réseaux sociaux : quand les utilisateurs s'en fichent).

Soulignons aussi ici brièvement les inquiétudes que soulève la politique de redirection des liens de MySpace. Chaque lien sur un site MySpace est analysé et transformé en un lien vers msplinks.com, site qui appartient à MySpace, et qui permet de filtrer les spams avant de renvoyer (ou non) l'utilisateur vers la page en lien. Mais puisque tous les liens sont centralisés à travers un site, on voit qu'il devient très facile d'élaborer des statistiques sur qui clique ou, et de s'en resservir opur cibler les publicités. Attention toutefois, ce n'est qu'une inquiétude, et l'attitude de MySpace à ce sujet est tellement opaque que les inquiétés n'ont pas pu trouver de preuves de ce qu'ils avancent.

On peut en arriver à ce suprême degré de contradiction d'avoir certaines pages qui prétendent, dans leur contenu, contester un pouvoir, mais qui, dans leur existence même, fournissent à ce pouvoir non seulement l'argent pour fonctionner, mais l'aval nécessaire pour continuer à fonctionner ainsi. Parce qu'avoir une page MySpace, et compter sur elle pour sa promotion, ce n'est pas seulement engraisser Murdoch et consorts, mais c'est aussi dire : "moi, musicien, artiste, ou simple citoyen, je souhaite devenir plus connu, car je considère mon ascension sociale comme quelque chose d'important. J'ai conscience de certains défauts de MySpace, mais ma carrière est plus importante que mes idéaux. Je reconnais que la seule manière de parvenir à mes fins, c'est de me soumettre à la logique marchande de la pub et du fric, donc je m'engage à utiliser les outils de la société marchande, à les promouvoir à mon propre compte, et à mettre mon oeuvre à leur service; ainsi je véhicule le message que ce n'est qu'en se soumettant aux lois du marché publicitaire que je pourrai faire en sorte que mon art s'épanouisse". Voilà le contrat que l'on signe tactiement avec MySpace quand on y crée un compte, voilà à quelle logique nous donnons notre aval. Avec Guy Debord, Karl Marx, Diogène le cynique, et Noam Chomsky dans mon "top friends", j'atteignais sûrement le degré suprême de tartufferie...

Vous pensez qu'avec votre petit profil MySpace, vous ne rapportez presque rien à Rupert, et vous vous dites que le peu que vous lui donnerez ne compense pas ce qu'il vous apporte ? Alors, apprenez ceci : selon Jacques Dufresne, si l'on divise l'ensemble des recettes de Facebook par le nombre de ses utilisateurs, on réalise que chacun a rapporté 250$ aux actionnaires ! Vous me direz, FaceBook ce n'est pas MySpace, et je vous répondrai : justement. Facebook, au départ, n'est destiné qu'à quelques petits profils privés destinés à être visités par les fréquentations du cercle proche. Au contraire, on trouve sur MySpace des profils de musiciens et de groupes beaucoup plus connus, dont le nombre de visites se compte en dizaines de milliers. Donc il est fort probable qu'en fait un profil MySpace rapporte plus aux investisseurs qu'un profil Facebook. Imaginez, même simplement vous, avec votre petit profil de groupe amateur, ce que vous pouves rapporter à Rupert Murdoch !

  1. MySpace ne sert à rien

La principale raison qui peut nous pousser à abandonner MySpace est surtout la suivante : en fait, ça ne sert à rien. Ca n'apporte pas de dates. Si vous êtes connus, ça ne sert qu'à vous faire mousser. Si vous ne l'êtes pas, ça ne sert qu'à vous faire espérer que vous le serez : en réalité, vous pouvez toujours vous brosser : avez-vous déjà entendu parler de quelqu'un qui s'est fait vraiment connaître gràce à MySpace ? Au pire, si vous avez une communication hyper-offensive, vous serez connu comme "celui qui fait chier tout le monde avec ses placards de pub partout", mais c'est tout.

Ne vous laissez pas abuser par le nombre de visites affichées au compteur : premièrement, rien ne prouve qu'il correspond au nombre réel de visites, deuxièmement, une part significative de ces visites correspond en fait soit à des robots fureteurs (notamment ceux des moteurs de recherche), soit à vos propres visites, ou des pages rechargées plusieurs fois. Vous avez quelques millers de visites ? Premièrement, ce n'est rien comparé aux flux des visites de n'importe quel site web, deuxièmement, cela ne signifie pas que vous avez autant de nouveaux fans qui achèteront vos CDs et assisteront à vos concerts, ou de producteurs qui vous on remarqués.

Et si l'on y refléchit bien, MySpace n'apporte rien de vraiment nouveau : tout ce qu'on peut faire sur MySpace, on peut aussi le faire sur d'autres sites. Le seul avantage de MySpace est de tout réunir en même temps avec une interface unique et facile à prendre en main. Pour ma part, voici les solutions que je vais utiliser pour remplacer MySpace :

  • Pour diffuser de la musique, j'utiliserai Kaouenn, mais il y a bien d'autres sites (notamment Jamendo, ...). L'avantage de Kaouenn est qu'il me permettra de mettre mes airs en OGG (ou ici), et sans ambiguité quant à la licence Creative Commons. D'autres gros avantages de Kaouenn : il fournit un code tout fait pour mettre note musique à écouter directement à partir de n'importe quelle page, que le nombre de morceaux n'est pas limité à 4, et que tous les airs sont téléchargeables.

  • Pour les textes, les nouveautés, les infos, les idées, les dates, etc., maintenant il y aura ce blog. Rien de plus facile. Avantage sur MySpace : il n'y aura pas besoin d'avoir un compte MySpace pour me laisser un commentaire.

  • Pour les "liens amis", j'utiliserai des liens sur mon site. Evidemment, je ne pourrai pas en avoir 200, comme sur MySpace. Mais d'une part, sur 200 "amis", finalement très peu d'entre eux sont visibles sur notre page MySpace, et d'autre part, il n'est pas forcément utile d'avoir 200 liens sur une page : qui ira les voir ? Pour ceux qui n'ont pas de site et pas envie d'apprendre, on trouve la même fonctionnalité sur les blogs...

  • Pour montrer qu'on existe à un musicien dont on apprécie la musique : les e-mails existent pour ça, ou les commentaires sur les sites ou blogs. 

Finalement, MySpace n'est qu'un gadget inutile, le dernier à la mode chez les musiciens sur internet en ce moment. Ceci ne serait pas dérangeant si MySpace était un gadget aussi neutre que mon "séparateur de blanc et de jaune d'oeuf" (si si, ça existe, j'en ai un !), malheureusement, pour toutes les raisons que l'on a vues, ce n'est pas le cas. De plus, mine de rien c'est un gadget qui nous prend énormément de temps, temps que l'on aurait pu utiliser pour bosser la musique, démarcher des organisateurs... ou nouer des vrais contacts avec d'autres musiciens.

  1. La morale de cette histoire...

Que faut-il en tirer de tout ça ?

La première chose, c'est qu'avec MySpace, vous avez l'impression d'utiliser un outil (un media) pour vous aider (à vous faire connaître, à rencontrer du monde, ...); or ce qui se passe en réalité c'est qu'avec MySpace vous êtes instrumentalisés par un milliardaire pour lui permettre d'utiliser plus de médias.

La première mesure pour vous transformer en bon petit instrument docile, c'est de vous faire croire que c'est pour votre bien et dans votre propre intérêt que vous faites prospérer son site. Vous avez l'impression que c'est vraiment vous le gagnant lorsque vous envoyez un commentaire ou une invitation, or en réalité, le gagnant, c'est Rupert Murdoch : il a réussi à vous faire d'autant mieux accepter de travailler pour lui que vous avez l'impression que c'est pour vous que vous le faites. Qu'est-ce que l'on est heureux de voir augmenter son nombre d' "amis" ou de visites ! On se dit : "chouette, il y a 20 personnes de plus aujourd'hui qui ont vu la photo pour laquelle je m'étais fait tout beau !", et on ne se dit pas "il y a 20 personnes de plus dont on a recolté des informations sur leurs goûts qu'on a revendues à des boîtes de pub, 20 personnes que l'on a exposé à de la publicité qui seront payées à Murdoch par les publicitaires". On ne se dit pas "il y a 20 personnes qui ont contribué à augmenter le pouvoir et la fortune d'un homme qui va s'en servir pour diffuser, à travers tous les médias possibles, ses messages racistes, pro-guerre en Irak, ultra-capitalistes, etc.", ce qu'on se dit c'est "j'ai 20 admirateurs de plus !"

La deuxième mesure pour faire de vous un instrument efficace, c'est de faire appel à ce qui marche le mieux : les basses pulsions de l'homme. La flatterie, la vanité, le sexe, et l'appât de la gloire et des honneurs : voilà des bons aliments auxquels faire tourner mes petits instruments de propagande. MySpace vous propose un système asceptisé dans lequel vous pourrez en toute bonne conscience vous fourvoyer dans les plus vils avatars de l'hypocrisie et de l'autopromotion dissimulée, car tout est fait pour normaliser et banaliser ces comportements égocentriques que vous blâmeriez dans une situation normale. Lorsque MySpace a réussi à rendre acceptable socialement le fait de se vendre en lechant les bottes aux autres, vous pouvez enfin vous lancer dans cette prostitution de votre propre personne, vos propres opinions, et votre propre talent que vous n'osiez pas entreprendre dans la vie réelle.

Refléchissez un instant : si vous avez l'impression que MySpace marche mieux qu'une autre solution pour vous faire connaître, c'est parce que vous osez y faire ce que vous n'oseriez jamais faire dans un autre contexte, et si vous osez le faire cette fois-ci, c'est parce que MySpace est parvenu à neutraliser le jugement moral sur ces actions en les présentant comme banales. Mais demandez-vous : qu'est-ce qui m'empêche de me comporter dans la vraie vie comme je le fais sur MySpace ? On appele ça des principes moraux...

Voilà les deux pilliers sur lesquels reposent MySpace : vous faire croire que c'est votre intérêt de l'utiliser pour y faire votre pub en y flattant vos plus bas instincts. Ça y est, vous êtes prêts pour l'aventure MySpace, ou le mercantilisme de l'ego au profit de la propagande réactionnaire.  

  1. Mesures concrètes

Etant donné la censure qui s'opère sur MySpace, il est possible que mon compte disparaisse tout seul dès que j'y aurai relayé ces informations. Mais je ne compte pas attendre d'être trouvé par les censeurs pour me débarasser de MySpace. J'attendrai juste le temps que ce message soit un peu diffusé, et lu par ceux à qui il pourrait être utile. Je le supprimerai donc vers le début de l'année 2008. 

Ce texte ne se trouve pas sur MySpace, d'une part car avec tous les liens sur des sites contre MySpace qu'il contient, je serais très vite débusqué, et d'autre part, pour que l'on puisse continuer à s'y référer quand mon compte aura été supprimé. 

Il y a sûrement une contradiction à attendre un peu que mon message contre MySpace se diffuse sur MySpace avant de supprimer mon compte. Mais, après tout ce que MySpace m'a fait faire de contradictions, je ne suis plus à ça près. Et j'éspère aussi que ce texte parviendra à en convaincre certains de faire comme moi, et alors il aura été plus utile d'avoir été contradictoire et efficace que d'avoir simplement supprimé deux profils en toute discrétion. 

Cette question m'a trotté dans la tête pendant longtemps, et je n'étais pas prêt tout de suite à supprimer mon compte. Si vous avez été convaincus qu'il y a quelque chose qui cloche dans le fait d'utiliser MySpace, mais que vous n'êtes pas prêts tout de suite à supprimer le votre, voici déjà ce que vous pouvez faire :

  • avant tout, vous informer par vous-mêmes (les sites ici en liens sont un bon début);

  • ne pas agir comme un publicitaire avec votre compte MySpace;

  • proposer vos airs au téléchargement

  • bloquer la pub au maximum (notamment en utilisant Tor avec Privoxy);

  • diffuser une réelle information à propos de MySpace (que ce soit mettre un lien sur votre page vers ce texte (il suffit de copier/coller ceci, éventuellement en changeant le texte entre les deux balises : "<a href="http://lexcroissance.hautetfort.com/archive/2007/12/09/pourquoi-je-quitte-myspace-et-pourquoi-vous-devriez-en-faire.html"> pourquoi je ne suis pas d'accord avec MySpace</a>"), en repiquer des morceaux (en citant ou non leur source), ou en trouvant d'autres informations et en les faisant circuler), etc. 

Le plus important est de montrer que vous êtes conscients que MySpace n'est pas tout net, que vous voulez le faire savoir, et que vous savez que c'est contradictoire de critiquer MySpace tout en ayant un compte MySpace. Quand la contradiction deviendra trop pesante, vous vous déciderez par vous-mêmes.

Ou alors, quand un censeur de MySpace tombera sur votre page, si vous avez mis un lien vers ce texte, ou manifesté, d'une manière ou d'une autre, votre désapprobation, c'est à dire votre capacité à refléchir par vous même, à vous informer, et à prendre position, il accomplira le geste fatidique que vous n'aviez pas osé faire car vous étiez devenu un brin dépendant, et ce sera finalement à votre plus grand soulagement...

  1. (Res)sources

D'autres liens sur le sujet :

Commentaires

Bonsoir Malo,

Ironie du sort, tu quittes myspace alors que je viens juste d'y ouvrir un compte après que tu m'en ais vanté les mérites il y a 3 ou 4 mois. Bref me voilà perdu au fond d'un abîme de perplexité.
Non, je rigole. En effet, si, n'étant pas un internaute chevronné, je reconnais à myspace un accès et une prise en main facile, je dois reconnaitre que ton choix ne manque pas de fondement et d'arguments.
Ne cherchant pas à utiliser cet outil autrement que pour retrouver, au hasard de mes périgrinations, une ou deux connaissances perdues de vue et qui se seraient, elles aussi, fourvoyées sur ce site, je prend la décision tout à fait courageuse de te soutenir par la présente et de continuer pour quelques temps encore à utiliser myspace.
Je ne suis pas à une contradiction près moi aussi.

Je me suis quand même un peu perdu à lire ce qui pour l'heure encore se trouve au-dessus de ce courrier et ce pour deux raisons principales :
- l'utilisation de termes abscons, qui sans être plétoriques n'en sont pas moins présents, pour le néophyte que je suis,
- es-tu sur de la vertu des sites que tu proposes comme solution de remplacement ?

Ecrit par : Olivier Henel | 08/01/2008

Bonsoir,

je viens de taper "comment replacer myspace" et je tombe sur cet article "magnifique"...non ce n'est pas une flatterie myspacienne; je t'ai laissé le lien de ma page myspace pour que tu lises si te le souhaites ma grosse colère de ce week-end (en anglais) puisque j'ai ouvert cette page il y a 3 ans pour promouvoir mon podcast rock and roll Meltingpod (en anglais); j'ai donc vu l'évolution sur une assez grande période de cet espace...il y avait un vrai Tom au début, quand myyspace était quasi exclusivement californien (son origine), puis un peu côte Est...c'était drôle j'étais presque la seule française là-dedans donc exotique...il y aurait un livre à écrire sur le sujet...mais là, j'ai affronté la fameuse censure et je ne ris plus du tout !!
Si tu m'écrire tu as toutes les infos.
A bientôt
Je vais me mettre à lire tous les détails de ton texte maintenant...je le savoure à l'avance !!
Merci de l'avoir fait !
Meltingpod

Ecrit par : meltingpod | 15/01/2008

il y a des touches qui ne marchent pas sur mon clavier tout neuf...arg ! désolée pour les manques !!

Ecrit par : meltingpod | 15/01/2008

bonjour,

je viens de lire tes commentaires sur myspace que je trouve réellement intéressant..
il est vrai que cette logique capitaliste est un peu contraire à la logique artistique..cependant il est aussi vrai que n'importe quelle société a besoin de gagner de l'argent pour vivre et également faire fonctionner ce type de plateforme qui a un cout tres important (hebergement, developpeur..).
Nous sommes une équipe d'artistes et avons créé notre site internet, la plateforme multiblog est en train de se developper , aurais tu des idées à nous soumettre pour palier à ce modèle économique (essentiellement basé sur les recettes publicitaires)?
Notre site: www.rollingbox.com
ce site a 2 phases de developpement :

- partie e commerce (fournisseur de prestations pour l'autoproduction des artistes: studios, mastering, duplic, communication...enfin tout)
- partie réseau: annonces, emploi, blog.

pour la 2ème partie, nous sommes trés intéréssés par des suggestions qui pourraient nous amener à créer une plateforme de qualité et qui donne la possibilité aux artistes de gagner de l'argent (ces fameuses 'publicité' : partage équitable entre les différents acteurs; artistes, régie, ..)
merci d'avance pour ta réponse

A bientôt

Ecrit par : virginie | 23/01/2008

Salut Malo Morvan !

On a découvert ton myspace sur celui d'un pote.
Eh bien, ta diatribe contre myspace est tout à fait brillante et pertinente, ta façon de présenter les choses est très claire, merci, merci beaucoup !!
Enfin quelqu'un qui ose critiquer le monde myspacien c'est génial !
Chez nous, on se sent un peu isolées en tant que groupe-sansmyspace-parce-qu'il-a-pas-envie-d'en-faire ;-)
La raison principale est que l'on devient vite blasé-e avec ces milliers de pages d'amis d'amis à aller visiter, des centaines d'heure perdues au lieu d'aller à un vrai bal ou à un boeuf !
Et encore on ne connaissait pas tout le système pernicieux qui se cache derrière myspace !

Nous, on est restées "modestes", on a juste un petit blog (petit car on a jamais le temps de s'en occuper !) et pourtant on arrive à bien tourner, ici dans le Nord.
Oui au fait désolées, peut être que tu dis des choses très intéressantes en breton mais on ne connait pas du tout la langue, vu qu'on est des Galiciennes parachutées dans le Nord depuis notre enfance.

Encore merci !
A peut être une occasion "en vrai" !

Maria et Narei

Ecrit par : Maria et Narei | 27/01/2008

Salut dit Malo,

ha gourc'hemennoù evit an destenn-mañ, skrivet en un doare sklaer ha plijus. Emaon o paouez krouiñ ur gont evit Allah's Kanañ, setu emaon o paouez dizoloiñ bed myspace eus an diabarzh. Betekhen ez a din, met dav anzav ez out kendrec'hus... gwelet 'vo!

Kement hag ober em eus dizoloet da vlog!

Ken ar c'hentañ,
Maela.

Ecrit par : Maela | 27/01/2008

bonjour
j ai lu une parti de ton romand et j pense ke pour une personne ki profite du chomage comme beaucoup de gen et ki ne dort pas la nuit k es ce tu veux faire de mieux regarder la tv joué a la play c pire!vaut mieux se faire de la pub des connection et avoir l impression d avancer dans la music, apparaitre sur des mixtape sur l album d 1 allemand d 1 rikain ou d 1 chinois!!!c mondial et c du bon ceux ki s enricissent k il ayent se faire enculée tant ke c gratuit!!

Ecrit par : ombre saignante | 14/03/2008

Ombre saignante,

Je pense qu'il y a toujours mieux à faire que de passer son temps devant un écran.

On peut le passer à faire/écouter de la musique, à discuter avec d'autres personnes, ou entre les pages d'un livre, par exemple.

Si tu veux te retrouver sur la compil de quelqu'un d'autre, tu peux ausse mettre ta musique sur Jamendo (http://www.jamendo.com/fr/). Tu as moins de restrictions que sur MySpace, tu peux mettre une musique de meilleure qualité (au niveau compression du son etc.), et c'est dans un meilleur esprit.

Ecrit par : Malo-net | 19/03/2008

Hello, je tombe sur cet article un peu par hasard aprés avoir effectuer quelques recherches sur ce curieux phénomène silencieux qu'est msplinks : un nouveau chapitre dans mon interrogation sur le maintien de ma page myspace...

J'avoue être d'accord sur pas mal de points de ton argumentation, et que j'aurais tendance à supprimer mon profil dans la seconde qui suit cette lecture.

Néanmoins je ne le ferais pas, du moins pas aujourd'hui, à cause/grace à de la phrase suivante:
"Tu peux laisser l'industrie t'utiliser ou bien tu peux l'utiliser". (c'est pas de moi c'est le chanteur du groupe The Mars Volta)
Certes cette pensée est très utopique mais je continue à lui donner du crédit. Il est indéniable que myspace représente non pas un moyen d'échange comme il prétend l'être, mais un formidable panneau publicitaire pour ses utilisateurs (je pense aux groupes musicaux, webzines, magazines et assoc en tout genre), d'autant plus lorsqu'il est utilisé de façon consciente et habile, et non à des fins commerciales.

Bon j'ai bien compris que tu avais choisi la méthode hardcore : on ampute avant que la gangrène se généralise. Mais finalement tu suis également une pensée utopique en incitant les gens à quitter ce site. Je ne dit pas que c'est idiot bien au contraire mais crois-tu vraiment que je-ne-sais-combien-de-millions de personnes vont en un clin d'oeil quitter cet empire?
Mon alternative consiste à rester dans le système pour y mettre mon grain de sel et pourquoi pas faire bouger les chose petit à petit.

Bon, je vais placer ce site en marque-page et j'y songerais quand l'heure sera venu de créer une "société secrète de resistance à l'oppresseur", qui sait peut-etre sous la forme d'un group myspace éhé.


ps:
Je suis également sur jamendo, c'est moins aggressif c'est sûr, moins vif et réactif également. L'aspect "social" est interéssant, plus lent, humain et franc (un peu, il y en a quand même qui font du troc de chronique à la chaine..), mais du point de vue purement artistique c'est moins créatif et identitaire.
Dans le même style, VIRB est pas mal, quoique lui aussi un peu restrictif.


Salutations!

Ecrit par : wdb | 26/03/2008

Hello à tous,
Je n'ai jamais eu de page Myspace ou autre, n'ai jamais compté en avoir, mais ton texte a l'avantage de me donner en plus plein de bonne raison pour m'entêter dans mon choix.

Je voulais surtout réagir au discours tenu dans le dernier commentaire (wdb, le 26/03), dont certains passages m'ont fait bondir.

Etre "le grain de sable qui va bouffer de l'intérieur ce rouage pourri", c'est une belle fable, inventée par une certaine pensée "révolutionnaire" (je le mets entre guillemets : on n'est pas dans la rue mais sur internet, la révolution ne viendra sûrement pas d'ici) de salon. Penses-tu vraiment, wdb (si jamais tu repasses par ici), que le groupe tentaculaire de Murdoch se soucie vraiment de ton utilisation "consciente et habile" (sic) ? Du moment que tu fais tourner ta petite roue de hamster, même à l'envers, ça leur suffit.

Quand la contestation devient un loisir comme un autre...

Alors forcément, pour des gens comme toi, agir "vraiment" (mouais, enfin, supprimer son profil Myspace, c'est pas donner sa vie pour la révolution non plus... bref), c'est une utopie, c'est irréalisable, etc. Comme ça au moins on ne fait rien, juste un petit regard cynique et désabusé sur nos esprits prostitués, de temps en temps. Histoire de montrer qu'on est pas dupe...

Ecrit par : Gob | 28/05/2008

Bien le bonjour ami internaute,
Bravo pour cet article, très intéressant.
Je travaille actuellement sur un mémoire concernant la culture et Internet, et par la même occasion l'utilisation de Myspace par les artistes. (suis étudiant en 3eme communication à Tournai, Belgique). Il y a vraiment des éléments intéressants pour la compréhension du sujet.

Je réalise une enquête destinée aux artistes via le site http://www.polldaddy.com/s/0A1109F76C9E7436/

Bonne continuation
A bientôt

Geoffrey

Ecrit par : Geoffrey | 29/05/2008

Wdb : Si j'ai supprimé mon compte Myspace, ce n'est pas tellement pour ce que ça va changer dans le monde (car je suis bien conscient que c'est tout à fait anodin), c'est plus pour être en conformité avec ma conscience, par rapport à moi-même.

Geoffrey : j'aurais bien voulu répondre à ton questionnaire, mais puisque je n'ai plus de compte Myspace, c'est un peu dur ! Par contre je serai heureux d'avoir les résultats et de lire éventuellement ton mémoire si tu le diffuse un peu, quand tu l'aura fait.

Ecrit par : Malo-net | 29/05/2008

Je suis pas entièrement d'accord avec toi car des chanteurs et des écrivains se sont fait remarquer grace à myspace. D'autre part, il utilise un modèle de communication vieux comme le monde qui est la CB. La cibi permettait de faire connaissances avec des gens et de les rencontrer de "visu". Après myspace nest pas plus dangereux que la CB : faire attention à ce qu'ont voit, ce qu'on croit. Et puis les anglosaxons n'ont pas la meme définition et du mot "ami" et de la vie privée. Ami pour eux, c'est j'te dit bonjour un jour et le lendemain, j'te connais plus. C'est rès superficiel. Donc quand tu remet l'instrument dnas son contexte culturel, tout est différent. Après la pub utilisée n'est pas plus dangereuses que ta carte carrefour ou fnac qui piste tout ce que tu fais et qui permet de cibler les produits qu'ils vont te proposer. Notre vie est diriger comme ça de partout. Faut il s'en inquiéter ? oui si on est parano et on supporte pas de se sentir espionner, non si on s'en fou de savoir qu'on aime machin ou truc. Je pense pour conclure qu'il y a du bon sous condition de ne pas tout croire et tout révéler..

Ecrit par : Martin | 23/06/2008

Martin,

Je suis d'accord avec toi au moins sur un point : les cartes de crédit qui te pistent ne sont pas moins dangereuses que MySpace ! L'argument qui dit "tant qu'on n'a rien à se reprocher, ce n'est pas grave de se faire pister", c'est l'argument de l'angélisme : je ne vois pas pourquoi les gens qui n'ont rien à se reprocher auraient plus de raisons de se laisser pister que les autres. Personnellement je ne suis pas terroriste, et ce n'est pas pour autant que j'ai envie que ma vie privée soit réutilisée par certains.

Mais en fait, l'argument que je soulève ici n'est pas tellement celui du danger. Si la collecte de données me dérange, ce n'est pas tant parce qu'elle serait dangereuse (même si elle l'est aussi), mais plutôt parce qu'elle sert à engraisser Rupert Murdoch et consorts gràce aux revenus qu'ils en tirent pour établir des profils de pubs dirigées. Et c'est ça qui me dérange vraiment.

Ensuite, désolé, je ne vois franchement pas le lien entre MySpace et la CB. Et même s'il y avait une vague analogie sur le plan du fonctionnement technique, ça ne veut absolument pas dire qu'ils ont la même place, le même rôle, et la même répercussion sociaux.

Enfin, cite-moi un nom de quelqu'un qui s'est fait connaître sur MySpace... S'il est connu, je devrais le connaître ! (hehehe). Je pense que si ce sont des gens vraiment talentueux, ils auraient pu se faire reconnaître par un vecteur plus sain que MySpace. Et imaginons qu'ils aient été de plus en plus connus, et qu'en même temps ils aient eu un profil MySpace qui ait gonflé, rien ne dit que MySpace soit la cause de leur émergence : il est probable que c'est parce qu'on les connaissait de plus en plus ailleurs que leur profil était de plus en plus fréquenté. Enfin, il est peut-être possible qu'on trouve, parmi les millions de profils, 3 ou 4 exceptions qui, s'ils ne confirment pas la règle, du moins justifient aux yeux du monde ce qui est de règle sur MySpace pour les millions de profils restant : perdre du temps sur un gadget à flatter narcissiquement son égo en engraissant au passage les publicitaires et manipulateurs médiatiques en tous genres.

Ecrit par : Malo-net | 23/06/2008

prévenu.

Ecrit par : cedric | 24/07/2008

Très bonne argumentation et tout et tout, mais au delà de myspace, cette critique peut très bien s'appliquer à une quantité d'autre média, produits ou autre... Vous tous ici je vous vois critiquer le monde libéral et capitaliste dans lequel on vit (et qui me répugne également), et meme s'il est plus agréable de se dire que nous faisons le monde, c'est en fait le monde dans lequel on vit qui nous fais.

Qui peut se venter ici de ne jamais avoir bu une canette de Coca Cola (ou associé), manger dans un mc do ou Quick, acheter un jeu PC, acheté un pc au lieu d'un mac? rire devant une publicité? ou pire, acheter des basket fabriquée par les mains experte d'un pauvre gosse.

Bien sur, tout cela est atroce, mais je ne vois personne réelement prendre les chose en main. Un personne quitte myspace, peut etre 10 ou 100 grace à cet article. Ok, C'est bien, ils ont fait leur coup de gueule... Mais Le milliardaire qu'est ce que ca peut lui foutre? Ce n'est pas nous qui verson la moindre tune... Ce sont les publicitaires.

Et la pub, aussi exessive qu'elle peut être, il me suffi de ne pas la regarder ou de l'ignorer et la voilà qui n'a plus d'emprise! Ce n'est pas pcq je v voir une pub qui me dira le suicide c'est cool que je vais me jeter par la fenetre! Mais malheureusement, un pauvre type lui va suivre le conseil, ben si il l'a suivi, c'était par choix. Point final

Pour Conclure, je dirai qu'il y a un ans, je n'était qu'un musicien solo, et grace à myspace, ou plutot grace à internet (qui fonctionne principalement sur la pub dans sa globalité...) g rencontré des gens qui apprécie ma musique, qui veulent jouer avec moi, ou qui m'on proposé des prestations sur scène. Bien sur, myspace seul n'est pas responsable, c'est mon travail dans son entièreté, mais sans myspace, Ithylic Concept n'aurait jms vu le jour. Il faut savoir faire la part des choses. La surveillance des allé et venue sur le net doit etre réglementée, règle sur la vie privée, ect. La pub doit etre réglementée, mais c'est par des lois et non par des actions isolée qu'elle le sera. En Bref, affiliez vous à des ong, allez voter, renseignez vous par différents moyens et sources, ayez un esprit critique sur le monde et arretez de vous montez la tete sur les détails...

Ecrit par : Ithylic | 10/08/2008

Ithylic,

Pour la grande question "est-ce que c'est nous qui faisons notre monde ou notre monde qui nous fait ?", je ne trouve pas très pertinent de la poser en ces termes, puisqu'à mon avis c'est un peu des deux (certains, dont des marxistes sûrement, parleraient de "dialectique" entre les deux...).

Ensuite, je suis tout à fait d'accord que cette critique peut valoir pour tout autre sujet. Ce n'est pas parce que j'ai critiqué MySpace que j'ai dit qu'il ne fallait critiquer que MySpace, et laisser tout le reste tranquille... si ? Ce serait même assez ridicule de ne s'en prendre qu'à MySpace et pas au reste. Sur ce point, je pense qu'on est d'accord.

Après, là où je ne suis pas d'accord, c'est que tu sembles dire "puisqu'il y a d'autres méfaits ailleurs, on peut ignorer celui-là" : c'est un peu la logique du tout-ou-rien : puisqu'on ne peut éviter toutes les saloperies, alors autant ne pas tenter d'éviter celle que l'on peut éviter. Moi je trouve ça un peu bof comme argumentation... Pour moi c'est une pseudo-excuse qui invoque une soi-disant radicalité et clairvoyance pour justifier une paresse d'agir. Je préfère penser qu'il vaut toujours mieux éviter le plus de saloperies possibles, et bien sûr qu'on devra quand-même parfois marcher sur nos valeurs pour vivre avec les autres, mais au moins on aura fait ce qu'on peut.

Encore une fois, si j'ai supprimé mon profil, ce n'est pas pour les quelques malheureux dollars que j'aurai rapporté à tous ces gentils businessmen, mais plutôt par rapport à ma propre conscience, pour me sentir en conformité avec mes idéaux.

En ce qui concerne l'influence de la pub, je pense que tu la sous-estime vraiment. Je te recommande la lecture de François Brune (pas le prêtre !) et des Casseurs de Pub (ici par ex : http://www.casseursdepub.org/index.php?menu=doc ). Même en utilisant par exemple AdBlock+ sur Firefox etc, tu restes toujours soumis à l'imaginaire que la pub te transmet (l'image de la femme, celle du bonheur, ...).

Pour ton dernier paragraphe, je ne pense vraiment pas que MySpace soit un détail : tu as vu le nombre de profils, le nombre d'heures moyennes passées dessus, le chiffre d'affaire ? Avoir supprimé mon compte MySpace ne m'empêche pas de faire ce que tu dis (quoique les ONG et les élections...bof), au contraire, ça m'a libéré du temps, énormément de temps, pour pouvoir le faire. Quand à la tâche d'information et d'esprit critique que tu préconises, et bien... je crois que c'est précisément ce que je suis en train de faire...

Malo

Ecrit par : Malo-net | 12/08/2008

Si on nous donnait les structures dans la "réalité" qu'on est censé fidéliser d'après toi, on aurait peut etre un peu moins de pub à faire sur myspace ... pour tout ce qui est du coté de qui dirige myspace et comment ca tourne en réalité, je suis d'accord avec toi, mais pas sur le principe de faire sa promo tout seul, on est jamais mieux servit que par soit même.

Je trouve quand meme que tu as un peu poussé le tout à l'extrême... regarde lilly alen qui est sortie de son trou grace à myspace, et y'a un tat d'autre artiste, surtout du coté de l'Angleterre, qui ont fait leur buzz grâce à myspace.

C'est bien d'aller chercher constemment la petite bete, mais des fois il vaudrait mieu simplement, profiter un peu du peu que certaines personnes nous offrent, car ca ne durera pas !!!!!

Ecrit par : Letik | 14/08/2008

Bravo, t'as découvert l'eau chaude !
Les RG n'ont même plus besoin de fouiller pour trouver des infos, on se fiche nous même !

Ecrit par : El Tonito | 26/08/2008

Salut.
Merci pour cet argumentaire bien mené. Nous l'avons ajouté en lien sur la page http://taenia-solium.net/documents.html avec d'autres textes contre Myspace et plus largement d'autres textes qui traitent de la culture dans la société actuelle et qui suggèrent des pistes de dépassement.

--
http://taenia-solium.net (archives, mp3, projets, blabla)

Ecrit par : taenia solium | 14/09/2008

alors ca yé t parti?
salut

Ecrit par : roi | 27/09/2008

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